Ramassage 0441


Metz, août 2005

Soit, après une paire de semaines dûment estampillées «2Mrde™» au boulot, force est de constater qu'on n'est pas sortis de l'auberge. Et du coup, pas pu/plus voulu aller voir : les concerts de Ceux Qui Marchent Debout la semaine dernière, et Sinclair, hier soir.
Tant pire !

Me suis rattrapé sur une nouvelle playlist pour KFLT. Na.

Electric Music


— Nancy, 16/03/07
Suis allé hier à la soirée d'ouverture de l'Autre Canal, le tout nouveau lieu de concert nancéen dédié aux musiques nouvelles, dans un seul et unique but : enfin voir sur scène Karl Bartos (ci-dessus à droite). Et c'était bien bon.
Karl Bartos, c'est un vétéran de Kraftwerk, et l'on connaît pire comme C.V. Voyant Schneider et Hütter, les «patrons» du groupe, s'enliser dans un perfectionnisme sclérosant, il s'est lancé en solo dans les années 90, non sans remporter dans son bagage quelques traits caractéristiques de la musique proto-electro du quatuor teuton. Et loin de s'assoupir, il a depuis lors fait fructifier avec bonheur cet héritage électronique.

L'Autre Canal programmait une performance de Bartos, et l'intitulé a son importance, débarrassant l'évènement de l'ambiguïté naturelle en matière de musique électronique, par essence souvent «préparée». Par exemple pour certains, le débat n'est pas clos quant aux «concerts de laptop» de Kraftwerk. Donc oui, les morceaux d'hier soir étaient pour la plupart séquencés, avec quelques ajouts et des parties de vocoder joués en live, et non, il ne s'agissait pas de DJ-ing : même si la playlist comportait des titres «invités» (un bon nombre du tubes de Kraftwerk auxquels Bartos a collaboré, et encore Pierre Henry, les Beatles, puis peut-être bien Richie Hawtin...), les enchaînements restaient tout-à-fait primitifs, sans le soucis de continuité propre au mix live. L'illustration vidéo, lancée au vol, reprenait tantôt une version modernisée des pictogrammes lo-fi de KW, tantôt des boucles épileptiques tirées de classiques visionnaires (2001, THX1138, Fahrenheit 451, Tron, Koyaanisqatsi...), avec assez souvent un rapport des plus ténus avec la musique...
Aussi, plutôt qu'un concert, il fallait voir une excursion dansante au pays des robots, et de mon point de vue, c'était 100% efficace. Content, je suis.

Mais complètement atterré de ne pas pouvoir m'empêcher de gloser là-dessus, en même temps.

Et ces nouvelles salles, au fait ?


— Nancy, 16/03/07
... ma foi très sympathiques, au final. La grande salle est flanquée de balcons bien pratiques pour surplomber la scène. Des gradins sont un peu perdus, là-bas, tout au fond. Par ailleurs, le hall rouge flash n'est pas sans rappeler certains flims futuristes utilisés par Bartos, c'est intéressant.

Bonus de la soirée : les très très patatieux Bumcello, juste avant Bartos. Électriques, mais parfois (un peu) répétitifs. Une excellente expérience live en tout cas.

Malus de la soirée : le gros tas de viande saoûle, sans doute drainé par la gratuité de la soirée, qui ne peut pas s'empêcher de :
— jouer le chéper en s'imposant sur scène (lourd);
— chercher bruyamment des embrouilles à gauche et à droite sur le parvis de l'Autre Canal (lourd de lourd);
— transformer les abords de la salle en latrines sauvages (merci pour les voisins... ou pour les fans qui attendaient juste de voir les artistes à la sortie du backstage, grmblbl.).

Power Grid


— Metz, 10/03/07

Mode rafale

J'ignore si c'est un record, mais il me semble que l'expression «mitrailler» n'a jamais été aussi indiquée qu'ici...


[Via Gizmodo]
A mi-chemin entre M-16 et machine à coudre, l'EOS 1-D MkIII (gasp !) déclenche à 10 images/s. Yaouh ! Bien sûr, la performance n'aura d'intérêt que pour les pros, à qui l'engin est destiné.
Cette évolution du haut-de-gamme Canon aligne par contre, une fonction qui fera à coup sûr hurler les puristes, mais que, pour ma part, j'attends de trouver sur n'importe quel reflex numérique : la visée "Live View™". En gros, miroir relevé, on cadre tout simplement en regardant l'écran LCD... Comme sur un bridge. Un début de solution pour toutes les compos un peu barges qu'on peut s'offrir, à l'occasion, sur le plus basique des APN compacts — au ras-du-sol, à bout de bras, etc.— mais qu'on ne pouvait qu'approcher en visant au jugé avec un reflex.
Moi je dis : bien joué.

Alors pour Noël, honorable M. Canon, je voudrais bien un EOS d'entrée/moyenne gamme qui combinerait ces petits plus complètement indispensables : l'auto-nettoyage du 400-D, le Live View du 1-D (remettez-moi aussi les modes Flou Créatif et Calcul automatique de PdC de mon vieux 1000Fn, tiens)... C'est bleussipo ?

Octobre glauque


— Maizières-les-Metz, octobre 2006

J'imagine que ça préfigurait le non-hiver qu'on allait connaître !

Pr/ /otection One


— Moulins-les-Metz, février 2007

Glissement de temps en mars


— Metz, janvier 2007
( oui : janvier !)

Sinon : me suis encore défaussé hier soir, en allant assister à un concert qui s'annonçait pourtant bien (clarinette electrifiée/orgue/batterie). Mais bon, vieille jesaipatrokoiphobie qui ressort parfois, je tourne les talons avant même d'être sur place.
Désolé les gens, je le f'rai pu ! :)

Bling-Bling / Kling-Klang


Monsieur Toshio Iwai a de la suite dans les idées. On lui doit déjà un Electroplankton mémorable, logiciel créé pour la Nintendo DS (on hésite à employer le terme «jeu») qui permet d'influer sur le comportement atavique de petits animaux sonores. Ces organismes artificiels finissent par générer en retour une sorte de musique procédurale, hypnotique, sur la base des contraintes introduites par l'utilisateur... L'expérience est particulièrement dépaysante, totalement tournée vers une spontanéité certaine.
De ce fait, les paysages sonores d'Electroplankton sont périssables : il n'y a pas de sauvegarde possible, tout est constamment à réinventer. Seuls sont figées les sonorités propres aux différentes races d'animalcules, et mêmes les samples qu'il est possible d'enregistrer au vol sont perdus lorsqu'on quitte le logiciel. C'est le principal grief des artistes qui auront été sensibles à l'approche musicale développée par Toshio Iwai.

Partant de ce constat, plusieurs pistes s'offrent au musicien planktophile:
  • — tabler sur le coolness factor des produits Nintendo, et détourner, qui une DS, qui une WiiMote™, pour en faire des contrôleurs physiques pilotant des instruments «classiques» ou des séquenceurs; on reprend certes une partie du geste, mais l'interaction organique avec le plankton n'est même pas effleurée;
  • — laisser le soin à Toshio Iwai de porter son interface sur d'autres machines; et là, c'est à peu près ce qu'on obtient avec le Tenori-On :



Le Tenori-On, collaboration d'Iwai et des labos Yamaha, réalise le croisement entre les antiques séquenceurs analogiques et le plankton numérique, et même... davantage. Cette vidéo YouTube provient d'une présentation du Tenori-On en 2005. La parenté de cette démonstration avec certains des paysages mélodiques caractéristiques d'Electroplankton est criante. L'intéressant, c'est qu'aujourd'hui le prototype semble sortir du cercle strict de l'avant-garde artistique pour se montrer dans des salons «ordinaires», comme le montre cette interview par les gens de chez SonicStage.
Et ça, ça pourrait être prometteur, en espérant la même audace de la part de Yamaha que celle qui avait poussé Nintendo à publier de ce côté-ci du monde le très, très particulier Electroplankton.

Miam !